Sabodala — la mine qui produit six des dix tonnes d'or du Sénégal
Dans les terres aurifères de Kédougou, à l'extrême sud-est du Sénégal, une seule mine façonne l'essentiel de la production nationale d'or. Sabodala Gold Operations, filiale sénégalaise du canadien Endeavour Mining, a produit à elle seule six des dix tonnes d'or extraites au Sénégal en 2024 — un poids économique considérable pour une activité encore peu connue du grand public.
Lors du 8e Salon international des mines du Sénégal, tenu à Diamniadio début novembre 2025, le directeur général de Sabodala Gold Operations (SGO), Abdoul Aziz Sy, a livré un chiffre qui résume à lui seul le poids de cette mine dans l'économie extractive nationale : « Six des 10 tonnes d'or produites au Sénégal en 2024 ». Soit environ 64 % de la production aurifère du pays concentrée dans un seul site, exploité depuis 2009.
Depuis le lancement officiel de la production, SGO a extrait près de 120 tonnes d'or — un volume qui place le Sénégal, souvent perçu comme un acteur mineur de l'industrie minière africaine, dans une position bien plus significative qu'on ne l'imagine généralement. La mine, désormais connue sous le nom de Sabodala-Massawa après plusieurs phases d'expansion, a su se maintenir au sommet de la production nationale en investissant continuellement dans sa technologie d'extraction.
En 2024, SGO a ainsi mis en service une unité de bio-oxydation, une technologie que l'industrie minière mondiale considère comme rare, pour un investissement de 210 milliards de FCFA. Ce choix technique permet de traiter des minerais plus complexes, prolongeant la durée de vie économique du site et confirmant l'ambition de l'opérateur de continuer à investir au Sénégal plutôt que de simplement exploiter les réserves les plus faciles d'accès.
Cette mine emploie directement environ 2 000 personnes en poste permanent, dont 95 % sont des travailleurs sénégalais — un taux de « sénégalisation » des emplois souvent cité en exemple dans le secteur minier régional, où les grandes compagnies internationales peinent parfois à dépasser la logique de l'expatriat sur les postes techniques les plus qualifiés.
L'avenir de la production aurifère nationale ne se limite d'ailleurs pas à Sabodala : la mine voisine de Boto, exploitée par un groupe minier marocain, doit démarrer sa production au cours de cette même période, ouvrant la voie à une diversification des sites producteurs dans la région de Kédougou. Pour l'instant, cependant, c'est bien Sabodala qui irrigue l'essentiel de la richesse aurifère du pays — un pilier économique discret, mais déterminant.
En chiffres
- 64 % de la production d'or sénégalaise concentrée sur ce seul site (2024)
- Près de 120 tonnes d'or produites depuis le lancement en 2009
- 2 000 employés permanents, dont 95 % de Sénégalais
- 210 milliards de FCFA investis dans une unité de bio-oxydation en 2024
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